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25 décembre 2015

La salle d'attente

Ils prennent le téléphone pour entendre une voix rassurante, une mère, un frangin, une amie. Une personne pour qui ils comptent, avec qui partager la bonne nouvelle... ou l’autre. Pour vivre ce moment à deux, même s’il n’y a rien de grave. Parce que même le soulagement ça se partage.
Puis il y a celui qui est venu. L’accompagnateur. C’est un peu de lui aussi dont il s’agit, celui qui parle de tout et de rien, de “il fait bon ici, ça ne sera pas long” ou qui se tait et tient juste la main.
Moi j’ai l’encre. C’est elle qui me soulage, rend moins âpre l’attente. Mon accompagnatrice. Je ne suis pas pressée, je n’ai pas envie de savoir. J’écris comme je me parle.
Et quand on me prive de ce sang noir pour m’enduire le ventre d’un gel blanchâtre, je continue d’écrire dans ma tête. J’ai le stylo qui papillonne au bout des cils, le feutre indélébile ancré dans les entrailles. Comme un totem.
Je suis émue. Un peu. Je suis une femme, c’est écrit partout sur les murs, les affiches, les fronts, sur mes petits seins que l’on presse, tâte comme des fruits. J’aperçois mon reflet dans la vitre griffée de pluie. 
“Dis bonjour à la dame”.
Où est l’enfant ?

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