image en tete

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22 juillet 2015

129ui

Combien de temps va-t-elle rester ainsi dans son carrosse, petite princesse déchue, à laisser glisser ses yeux sur le papier comme la pluie sur la vitre ?

Assise sur son fil du temps suspendu, devenue fée sans pouvoir, une larme roule sur le menu d'un autre avenir qu'elle tient entre ses mains. L'appétit coupé.

Et pendant que son corps pleure de tous ses pores, elle sent la matrice se dessécher inexorablement. 
Même le soleil aujourd'hui s'en est allé. Toutes flammes éteintes.

Rester encore un peu dans le carrosse, sur le parking désert de toute joie, à l'abri des réalités fracassantes, pour ne pas être obligée de sourire. Pas encore.


15 juillet 2015

Les petits indiens

Après un voyage de quelques années dans je ne sais quel pays, ils reviennent en file de petits indiens, comme des sales gosses mal élevés, sauter à pieds joints sur mes paupières à peine closes pour ne pas que je dorme.
Ils n'ont jamais donné de nouvelle. A qui la faute ? Je les avais éreintés. Alors je ne leur en veux pas de foutre le bazar dans ma tête dès que j'éteins la lumière, je sais leur impatience capricieuse et je capitule si je ne veux pas qu'ils boudent au lever du jour, ne laissant dans mon esprit embrumé qu'une mer d'huile où ne flotteront que quelques neurones à la dérive.
J'ai acheté un nouveau carnet où je les couche sans fioriture. Il fait chaud.
Je passe d'une vie qui s'ensommeille à des nuits sans sommeil et alors ? J'ai de nouveau envie de les sentir partir dans tous les sens faisant les petits fous, faire semblant de les remettre sur le droit chemin et sourire de les lire si indisciplinés, leur refilant des images pour remercier leur vérité.
Reviendront peut être ceux que j'ai oubliés, naîtront sûrement des petits nouveaux. Les mots mon manquée.